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01
Définitions de base
Cosinus, sinus et tangente dans un triangle rectangle
Cosinus
Sinus
Tangente
- Le triangle est rectangle et α désigne l’un de ses deux angles aigus.
- L’hypoténuse est le côté opposé à l’angle droit.
Pourquoi ? — Définition
Ces trois rapports définissent les lignes trigonométriques d’un angle aigu dans un triangle rectangle. Ils ne dépendent pas de la taille du triangle : deux triangles rectangles possédant le même angle aigu sont semblables, donc leurs côtés correspondants sont proportionnels.
Ainsi, lorsque le triangle est agrandi ou réduit, le numérateur et le dénominateur de chaque rapport sont multipliés par le même nombre. Le quotient reste inchangé.
Relier la tangente au sinus et au cosinus
- La formule est valable lorsque cos(α) ≠ 0 ; dans un triangle rectangle, α est aigu.
Pourquoi ? — Démonstration
Dans un triangle rectangle, notons le côté adjacent, le côté opposé et l’hypoténuse. En divisant les deux rapports, on obtient
02
Cercle trigonométrique et angles remarquables
Convertir les degrés et les radians
- En analyse, un angle non accompagné d’une unité est exprimé en radians.
Pourquoi ? — Définition
La mesure en radians est définie par le rapport entre la longueur de l’arc et le rayon. Un tour complet a pour longueur , donc mesure radians. Ce même tour vaut , d’où radians pour . Les conversions découlent ensuite d’une proportionnalité.
Coordonnées sur le cercle trigonométrique
- Le cercle est centré à l’origine, de rayon 1, et orienté dans le sens trigonométrique.
Pourquoi ? — Définition
Par définition, le cosinus de est l’abscisse du point obtenu après un déplacement angulaire de radians sur le cercle unité, et son sinus est l’ordonnée de ce point.
La relation découle alors immédiatement de l’équation du cercle unité.
Relation fondamentale
- Cette identité est valable pour tout angle réel α.
Pourquoi ? — Démonstration
Dans un triangle rectangle de côtés adjacent , opposé et d’hypoténuse , le théorème de Pythagore donne . En divisant par , on trouve
soit . Sur le cercle trigonométrique, c’est simplement l’équation du cercle unité.
Valeurs remarquables
- Les autres valeurs se retrouvent avec les symétries du cercle trigonométrique.
Pourquoi ? — Démonstration
Pour , un triangle rectangle isocèle de côtés donne .
Pour , on coupe un triangle équilatéral de côté en deux. Le triangle rectangle obtenu a pour côtés , donc et . Les valeurs en s’en déduisent en échangeant sinus et cosinus.
Équations trigonométriques usuelles
- k parcourt l’ensemble des entiers relatifs.
- Pour la tangente, a et x ne doivent pas être congrus à π/2 modulo π.
Pourquoi ? — Justification
Deux points du cercle unité ont la même abscisse lorsqu’ils sont confondus ou symétriques par rapport à l’axe des abscisses. Cela donne les deux familles de solutions pour le cosinus, auxquelles on ajoute un nombre entier de tours.
Pour le sinus, on raisonne de même avec l’ordonnée et la symétrie par rapport à l’axe des ordonnées. Enfin, la tangente est de période et prend une seule fois chaque valeur sur tout intervalle où elle est continue entre deux asymptotes consécutives.
03
Symétries et angles associés
Parité et périodicité
- k désigne un entier relatif ; les égalités avec la tangente supposent qu’elle est définie.
Pourquoi ? — Justification
Sur le cercle trigonométrique, les points d’angles et sont symétriques par rapport à l’axe des abscisses : leur abscisse est identique et leur ordonnée opposée. Cela donne la parité du cosinus et l’imparité du sinus, puis celle de la tangente.
Ajouter revient à effectuer tours complets. Pour la tangente, un demi-tour change simultanément les signes du sinus et du cosinus : leur quotient reste donc inchangé.
Angles associés
- Ces relations se lisent directement à l’aide des symétries du cercle trigonométrique.
Pourquoi ? — Démonstration
Le point d’angle est le symétrique du point d’angle par rapport à l’axe des ordonnées : son cosinus change de signe et son sinus est conservé. Un demi-tour, correspondant à l’ajout de , change les deux coordonnées de signe.
Enfin, les angles et sont complémentaires. La symétrie par rapport à la droite échange leurs abscisses et leurs ordonnées, donc échange cosinus et sinus.
04
Trigonométrie et produit scalaire
Produit scalaire et cosinus
- θ est l’angle non orienté entre deux vecteurs non nuls.
- Si l’un des vecteurs est nul, le produit scalaire vaut 0.
Pourquoi ? — Définition
Cette égalité est la définition géométrique du produit scalaire. Si l’on projette orthogonalement sur la direction de , la longueur algébrique de la projection vaut . Le produit par donne alors .
Formule d’Al-Kashi
- Dans le triangle ABC, A désigne l’angle BAC, c’est-à-dire l’angle au sommet A.
- Les longueurs sont a = BC, b = CA et c = AB ; le côté a est donc opposé à l’angle A.
Pourquoi ? — Démonstration
Avec , on développe le carré de la norme :
Or l’angle entre et vaut , donc leur produit scalaire vaut . On obtient bien la formule.
05
Propriétés des fonctions trigonométriques
Dérivées du sinus et du cosinus
- L’angle x est exprimé en radians.
Pourquoi ? — Démonstration
À partir de la formule d’addition, on écrit
Lorsque tend vers , les limites et donnent . Le même calcul appliqué au cosinus donne .
Primitives usuelles
- C désigne une constante réelle.
- L’angle x est exprimé en radians.
Pourquoi ? — Justification
Une primitive de est une fonction dont la dérivée vaut . Comme , les primitives de sont . De même, , ce qui donne la seconde formule.
Dérivée et primitive de la tangente
Dérivée
Primitive de la tangente
Primitive de 1 sur cosinus carré
- Ces formules s’utilisent sur un intervalle ne contenant aucun point π/2 + kπ, où la tangente n’est pas définie.
- C désigne une constante réelle et les angles sont exprimés en radians.
Pourquoi ? — Démonstration
La règle de dérivation d’un quotient donne
Par ailleurs, sur tout intervalle où le cosinus ne s’annule pas, ce qui fournit la primitive de la tangente.
06
Fonctions réciproques, hyperboliques et limites
Les fonctions usuelles et les limites classiques
Fonctions circulaires réciproques
Arc sinus
Arc cosinus
Arc tangente
- Arcsin, Arccos et Arctan désignent les bijections réciproques des restrictions de sin, cos et tan aux intervalles indiqués.
- Les égalités arcsin(sin x) = x, arccos(cos x) = x et arctan(tan x) = x ne valent que lorsque x appartient à l’intervalle image choisi.
Pourquoi ? — Définition
Les fonctions sinus, cosinus et tangente ne sont pas injectives sur tout . On les restreint donc à des intervalles où elles sont continues et strictement monotones : respectivement , et . Elles y admettent une fonction réciproque, ce qui définit , et .
Dérivées et symétries des fonctions circulaires réciproques
- Les domaines des fonctions et les intervalles images sont ceux de leur définition comme fonctions réciproques.
Pourquoi ? — Démonstration
Si , alors avec . En dérivant, on obtient . Sur cet intervalle, , d’où la première formule. Le même raisonnement donne les deux autres dérivées.
Les relations de symétrie proviennent de l’imparité du sinus et de la tangente, ainsi que de .
Fonctions hyperboliques
- Les fonctions ch et sh sont définies sur R ; comme ch x est strictement positif, th est également définie sur R.
- Les fonctions hyperboliques réciproques sont présentées dans deux cartes séparées de la variante prépa et concours.
Pourquoi ? — Démonstration
Les trois fonctions sont définies à partir de l’exponentielle. En développant,
L’identité fondamentale est donc une conséquence directe de .
Dérivées et formules d’addition hyperboliques
- Les formules d’addition se déduisent des définitions exponentielles ; le programme officiel demande surtout de connaître l’identité ch² x − sh² x = 1.
Pourquoi ? — Démonstration
Les dérivées suivent de et . Pour l’addition, on remplace chaque fonction hyperbolique par sa définition et on utilise . Les formules de duplication sont les cas particuliers obtenus avec .
Fonctions hyperboliques réciproques
Argument sinus hyperbolique
Argument cosinus hyperbolique
Argument tangente hyperbolique
- Argsh est la bijection réciproque de sh sur R.
- Argch est la réciproque de la restriction de ch à [0, +∞[ ; cette restriction est nécessaire car ch est paire.
- Argth est la bijection réciproque de th de R vers ]−1, 1[.
- Ces fonctions constituent un complément utile pour les concours, même lorsqu’elles ne figurent pas explicitement dans le socle commun de première année.
Pourquoi ? — Démonstration
Pour retrouver les expressions logarithmiques, on résout les équations , et en posant .
Les deux premières deviennent des équations du second degré en ; on garde la racine positive compatible avec le domaine. Pour la troisième, donne , puis on applique le logarithme.
Propriétés des fonctions hyperboliques réciproques
Compositions avec sh
Compositions avec ch
Compositions avec th
Dérivées d’argsh et d’argch
Dérivée d’argth
Parité
- La dérivée d’argsh est valable sur R, celle d’argch pour x strictement supérieur à 1 et celle d’argth pour |x| strictement inférieur à 1.
- Argch n’est pas dérivable en 1 ; sa dérivée tend vers +∞ lorsque x tend vers 1 par valeurs supérieures.
- Dans argch(ch x) = |x|, la valeur absolue provient du choix de la branche [0, +∞[ pour définir la réciproque.
Pourquoi ? — Démonstration
Si est une bijection dérivable et si sa dérivée ne s’annule pas, alors
On applique cette relation à , et , puis on utilise et . Les propriétés de composition découlent directement des domaines choisis pour chaque bijection réciproque.
Limites trigonométriques et hyperboliques à l’origine
- Les quotients sont considérés pour x différent de 0 et les angles circulaires sont exprimés en radians.
Pourquoi ? — Justification
Pour , une comparaison géométrique des aires dans le cercle unité donne . Le théorème d’encadrement, puis l’imparité du sinus, fournissent la première limite sans utiliser de dérivée. Comme , on obtient ensuite la limite de ; enfin donne la limite en .
Pour les fonctions réciproques, on pose ou et on se ramène aux deux premières limites. Les limites hyperboliques découlent de leurs définitions exponentielles ; enfin fournit la dernière limite.
Développements limités de sinus, cosinus et tangente
Sinus à l’ordre 5
Cosinus à l’ordre 6
Tangente à l’ordre 7
- Ces développements sont écrits lorsque x tend vers 0 et les angles sont exprimés en radians.
- On les tronque à l’ordre utile ; un terme ne doit pas être conservé au-delà de la précision du reste.
- Pour un développement au voisinage d’un autre point, on commence par effectuer une translation et utiliser les identités trigonométriques adaptées.
Pourquoi ? — Démonstration
La formule de Taylor-Young appliquée en donne directement les développements de sinus et de cosinus à partir du cycle de leurs dérivées. Celui de la tangente s’obtient ensuite en effectuant la division des développements de et de , puisque et .
Développements limités des fonctions réciproques et hyperboliques
Arc sinus à l’ordre 7
Arc cosinus à l’ordre 7
Arc tangente à l’ordre 7
Sinus et cosinus hyperboliques
Tangente hyperbolique à l’ordre 7
Argument sinus hyperbolique à l’ordre 7
Argument tangente hyperbolique à l’ordre 7
- Tous les développements sont écrits lorsque x tend vers 0.
- Le développement d’arc cosinus découle de arccos x = π/2 − arcsin x ; au voisinage de 1, arc cosinus n’admet pas de développement limité en puissances entières.
- Ces formules complètent la fiche de concours, mais la méthode de composition, de dérivation ou d’intégration des développements reste prioritaire sur leur mémorisation intégrale.
Pourquoi ? — Justification
On détermine le développement de en composant une série impaire inconnue avec celle de et en imposant . Pour , on peut intégrer le développement géométrique de sa dérivée .
Les développements de et résultent immédiatement de leurs définitions avec et ; celui de s’obtient par quotient. Enfin, on retrouve les développements d’ et d’ en composant avec les fonctions directes, ou en intégrant leurs dérivées.
07
Transformations
Formules d’Euler et de Moivre
- x est réel et n est un entier relatif.
Pourquoi ? — Démonstration
La formule d’Euler se justifie, par exemple, en comparant les développements en série entière de l’exponentielle, du sinus et du cosinus. En lui appliquant puis , l’addition et la soustraction des deux égalités isolent le cosinus et le sinus.
Enfin, la propriété , combinée à la formule d’Euler, donne immédiatement la formule de Moivre.
Formules d’addition et de soustraction
- a et b sont des réels exprimés en radians.
Pourquoi ? — Démonstration
On utilise la formule d’Euler et le produit des exponentielles :
En identifiant les parties réelle et imaginaire, on obtient les formules pour . Les formules de soustraction suivent en remplaçant par et en utilisant la parité du cosinus et l’imparité du sinus.
Formules de duplication
- La formule de la tangente s’emploie lorsque les deux membres sont définis.
Pourquoi ? — Démonstration
Il suffit de poser dans les formules d’addition. On obtient et . Les deux autres écritures du cosinus se déduisent de .
Enfin,
après division du numérateur et du dénominateur par .
Tangente d’une somme ou d’une différence
- Les expressions ne sont utilisées que lorsque les tangentes et les quotients écrits sont définis.
Pourquoi ? — Démonstration
On part de , puis on remplace le sinus et le cosinus par leurs formules d’addition. En divisant le numérateur et le dénominateur par , on obtient
La formule de soustraction se déduit en remplaçant par .
Carrés et demi-angle
- Ces identités sont particulièrement utiles pour linéariser des carrés.
Pourquoi ? — Démonstration
Les deux écritures de la formule de duplication donnent et . Il suffit d’isoler respectivement et .
Paramétrisation par la tangente de l’angle moitié
Changement de variable
Écriture complexe
Pour un changement de variable dans une intégrale
- Le paramètre t est fini lorsque θ n’est pas congru à π modulo 2π.
- La formule de tan θ demande en plus t différent de −1 et de 1.
- Pour une intégrale, on travaille sur un intervalle ne traversant pas un angle congru à π modulo 2π.
Pourquoi ? — Démonstration
Comme , les formules de duplication donnent
et
Le quotient de ces deux égalités fournit la formule de . L’écriture complexe s’obtient en réunissant et . Enfin, , d’où la dernière relation.
Transformer des produits en sommes
Pourquoi ? — Démonstration
On écrit les formules d’addition pour et . Leur somme ou leur différence permet d’éliminer l’un des deux produits. Par exemple,
Les deux autres identités s’obtiennent de la même manière.
Transformer des sommes en produits
Pourquoi ? — Démonstration
Dans les formules transformant les produits en sommes, on pose et . Alors et . Après substitution et multiplication par , on obtient les quatre identités.
Mettre une combinaison sous forme d’un seul cosinus
- a et b ne sont pas simultanément nuls ; φ est choisi modulo 2π.
Pourquoi ? — Démonstration
La formule de soustraction donne
Avec et , le membre de droite devient . Un tel angle existe car .
08
Intégrales trigonométriques classiques
Réductions de puissances, intégrales de Wallis et orthogonalité à mobiliser rapidement dans les calculs et problèmes de concours.
Réduction des puissances de sinus et de cosinus
Puissances de cosinus
Puissances de sinus
- Les relations de récurrence sont valables pour tout entier n supérieur ou égal à 2.
- Pour une primitive sans borne, on ajoute une constante réelle au résultat.
- Si une puissance est impaire, on isole souvent un facteur sin ou cos avant un changement de variable ; si les deux puissances sont paires, on linéarise.
Pourquoi ? — Démonstration
Pour , une intégration par parties avec et donne
On remplace par , puis on regroupe les deux occurrences de . Le calcul de est analogue en échangeant sinus et cosinus.
Intégrales de Wallis
- n et p sont des entiers naturels.
- Les valeurs exactes viennent de la récurrence ; l’équivalent demande en plus la comparaison de deux termes consécutifs.
Pourquoi ? — Démonstration
Le changement de variable échange sinus et cosinus. Une intégration par parties fournit ensuite . En itérant séparément pour les indices pairs et impairs, on obtient les deux expressions factorielles.
Enfin, et donnent . La relation exacte permet alors d’en déduire l’équivalent.
Orthogonalité sur une période
- m et n sont des entiers strictement positifs ; k est un entier relatif.
- Les mêmes relations se transportent sur toute période complète par changement de variable.
Pourquoi ? — Démonstration
Les formules produit-somme transforment chaque produit en une combinaison de et , ou de sinus de fréquences entières. L’intégrale d’un sinus ou d’un cosinus de fréquence entière non nulle sur vaut zéro. Lorsque , le terme constant restant donne .
La dernière relation se vérifie directement avec une primitive de lorsque .
Sources et programme de référence
- Programme d’enseignement de spécialité de mathématiques de la classe terminale de la voie généraleMinistère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel spécial du 25 juillet 2019
- Programmes des classes préparatoires scientifiquesMinistère de l’Enseignement supérieur — Bulletin officiel spécial du 11 février 2021
- Programme de mathématiques de MPSI — fonctions usuellesMinistère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur
- Programme de mathématiques de deuxième année — voie MPMinistère de l’Enseignement supérieur — programme 2021
Les démonstrations et justifications sont rédigées pour cette fiche à partir des définitions usuelles.